LES PARASITES
I. LES PARASITES EXTERNES : ECTOPARASITES
1. Les tiques
Les tiques sont des acariens ectoparasites de vertébrés. Elles passent une partie de leur cycle au sol (éclosion, métamorphose et quête d'un hôte), et une autre partie (deux ou trois stades) ancrées sur la peau de mammifères (sauvages et d'élevage), d'oiseaux ou de reptiles, se nourrissant de leur sang grâce à un rostre (bouche). Elles peuvent à cette occasion transmettre à leurs hôtes de nombreux agents pathogènes connus (virus, bactéries, protozoaires, nématodes) et parfois des neurotoxines (responsables de paralysie à tiques).Ce sont surtout les femelles adultes nourries, ou en train de se gorger de sang qui sont les plus repérables, car bien plus grosses que les autres stades de développement. À titre d'exemple, on a pesé sur une balance de précision une femelle de la tique Hyalomma asiaticum avant et après son repas final. Elle était 624 fois plus lourde après son repas qu'avant; pour un être humain, ce serait comme de passer de 60 kg à 37 tonnes après 4 ou 5 jours de repas constant. De tels repas permettent aux tiques de pondre de plusieurs centaines à plusieurs dizaines de milliers d'ufs (ce chiffre variant selon les espèces et selon les individus au sein de l'espèce).
Pendant les phases de quête , la tique attend un hôte pour s'y accrocher. La quête se fait sur les brins d'herbe, de graminées, de fougères etc...en milieu extérieur ouvert pour les tiques exophiles ; elle se fait au sol, à même la terre ou sur les brindilles des nids et terriers ou les crevasses des grottes, pour les tiques endophiles.
Après avoir trouvé une proie et s'y être accrochée, la tique chemine lentement sur la peau (de quelques minutes à plusieurs heures parfois) pour trouver un emplacement qui lui convient. De fines griffes lui permettent de se stabiliser sur l'épiderme (ces griffes sont plus puissantes chez la larve qui a besoin de s'ancrer pour pouvoir percer la peau). La tique coupe la peau grâce à des chélicères extériorisables (cachées au repos dans une gaine protectrice) qu'elle enfonce peu à peu ainsi que l'hypostome, aidé par la sécrétion d'enzymes salivaires (protéases) qui provoquent une cytolyse. Au bout de son rostre se forme alors une poche ou chambre de cytolyse. Cette opération, sous l'effet de substances salivaires anesthésiantes, se fait sans douleur pour l'hôte. La tique en quelques heures a ainsi enfoncé tout son rostre. Elle parfait son ancrage par la sécrétion d'une substance, sorte de colle biologique dite cément (ou manchon hyalin ) ; cette colle la fixe très fortement au derme. Ainsi fixée, elle peut alors, pendant toute la durée de son repas, alternativement (Pérez-Eid, 2007) aspirer le sang et réinjecter de la salive de manière à agrandir la poche ainsi creusée sous la peau jusqu'à ce que cette poche atteigne un ou plusieurs microcapillaires sanguins, qui crèveront et l'alimenteront directement en sang. Durant ce temps, la tique injecte un cocktail de molécules qui affaiblissent localement l'immunité de l'hôte et insensibilisent le système nerveux (ce qui ne fonctionne plus chez des organismes dont le système immunitaire a été sensibilisé (rendu allergique en quelque sorte) à ces molécules). Plus le rostre est long, mieux la tique est fixée. Ainsi des tiques brévirostres telles que Rhipicephalus ou Dermacentor s'ôtent facilement de la peau, n'y laissant que leur manchon hyalin, alors que des tiques longirostres telles qu'Ixodes et Amblyomma sont si bien fixées qu'une traction directe leur arrache souvent le rostre, lequel peut causer un abcès ou une infection. Il faut les faire tourner avant de les extraire pour disloquer le cément (ce qui ne suffit pas toujours) ou, mieux, utiliser un instrument spécialisé (type tire-tique).
Une tique adulte
2. Les puces
Ce sont les puces, ptérygotes très particuliers dont les affinités avec les autres groupes sont indistinctes. Les Siphonaptères sont aptères, sauteurs, piqueurs et vivent en contact étroit avec leur hôte : ils sont parasites externes de nombreux vertébrés, se nourrissant de leur sang (homme, oiseaux et mammifères). Les maxilles sont fortes et vulnérantes avec le labre; les palpes maxillaires sont longs, les mandibules inexistantes. Leur identification se base sur le stade adulte. L'adulte mesure de 2 à 6 mm de long (et peut même aller jusqu'à 8mm), c'est un insecte sans ailes ni queue.
Environ 48 heures après leur 1er repas de sang, généralement entamé dans les 30 minutes suivant laccostage d'un chat ou chien, une femelle peut pondre jusquà 50 oeufs par jour pendant 50 à 100 jours, avec une moyenne de 20 à 30 oeufs par jour sur une période de 2 mois[1]. Les puces passent par quatre stades de développement: uf, larve, nymphe, et adulte. La durée du cycle biologique dépend de l'espèce en cause, de la température, de l'humidité et de l'accès à la nourriture. Selon les conditions, une puce devient adulte en deux à plusieurs mois. La puce adulte du chat n'est pas un parasite transitoire (du chat, du chien ou d'autres mammifères), qui ne grimperait sur l'animal qu'au moment des repas sanguins. Elle cherche au contraire à y passer sa vie car une fois tombée au sol, elle meurt rapidement (en 1 à 4 jours, selon l'humidité) mais une faible part des puces présentes sur un carnivore peut changer dhôtes lors de contacts entre deux animaux par exemple, ou dans un lieu clos (cage, élevage, chenil) où il y a promiscuité d'animaux. Le risque de contamination directe inter-carnivores est néanmoins réputé faible.
La puce est l'ectoparasite infestant le plus fréquemment les carnivores, dans tous les milieux (forêt, rural, urbain). Dans le milieu naturel et en zone chaude, on en observe toute l'année. En zone tempérée et froide, ses infestations sont plus importantes du printemps à lautomne. Sous zéro degré la plupart des pupes et larves meurent, mais les oiseaux migrateurs en rapportent du sud, et un certain nombre survivent dans les terriers, près des hibernants notamment, ou dans les maisons.
Des pulicoses allergiques puissent apparaître avec un prurit important, dégénérant éventuellement en dermite allergique avec lésions cutanées importantes. Les puces transmettent de nombreuses maladies vectorielles dont des zoonoses (notamment la peste).
Une puce adulte
Comment éliminer ses parasites ?
Le brossage et les traitements antiparasitaires. Ils permettent aussi de repérer la présence éventuelle de parasites externes, tels que les tiques ou les puces. Ces derniers, responsables de démangeaisons intempestives, peuvent entraîner allergies, chutes de poils, et irritations de la peau du chien. Ils doivent donc être retirés selon les conseils d'un vétérinaire.
Quand le chien à des puces il faut les éliminer sur le chien mais aussi à l'endroit où il dort, car les puces peuvent aussi aller se loger dans les fissures du sol près de sa caisse et sa couverture. Un nettoyage à fond sera donc nécessaire. Quant aux tiques, elles sont plus faciles à éliminer que les puces. Elles peuvent être enlevées avec une pinces à épiler mais mieux vaut laisser le vétérinaire s'en charger car il faut avoir une certaine technique ; En effet un tique mal retiré et sa trompe peut risquer de rester coincée dans la peau du chien et entraîner une inflammation et infection. En cas de nécessité, un shampooing antiparasitaires adapté peut être utilisé pour laver l'animal.
II. LES PARASITES INTERNES : ENDOPARASITES
C'est parfois un choc pour le propriétaire d'un animal domestique quand il découvre la présence de parasites sur son compagnon. L'apparition de quelques puces ou, dans le cas le plus grave, d'un segment de ténia peut constituer une source de consternation au sein d'un foyer sain et propre. Cependant, il faut savoir que même une hygiène parfaite ne suffit pas à empêcher l'apparition de vers. Les propriétaires d'animaux domestiques ont probablement vu au moins une fois des vers d'une longueur de 2 centimètres ou des grains de riz dans la défécation. Ce sont des particules détachées du ver solitaire (ou ténia). Lascaris est un autre ver qui apparaît fréquemment : il peut être décelé dans les vomissements ou dans la défécation comme un long filet jaune voire rouge. Les vers peuvent avoir des conséquences néfastes, aussi bien pour lanimal que pour l'homme.
Quels vers constituent un danger pour votre animal domestique ?
- Les ascaris
Les ascaris sont surtout dangereux pour les chiots et les chiennes en gestation. Ils surgissent rarement chez les chiens âgés de plus de 2 ans. Les ascaris ressemblent à un ver de terre mince (ou à des spaghettis maigres ou à des élastiques) et ils sont blancs, roses ou bruns selon les aliments absorbés. Le cycle de vie de lascaris est assez simple : il se transmet directement de chien à chien. Les vers adultes se trouvent dans lestomac et dans lintestin grêle où ils se nourrissent daliments partiellement digérés. A ce stade adulte, ils produisent des milliers de petits ufs invisibles à lil nu. Ces ufs sont évacués avec les selles du chien et ils sont de nouveau réabsorbés par le chien quand il se lèche. Les ufs avalés arrivent dans lestomac où ils forment des larves microscopiques. Chez un chien adulte, les larves se déplacent dans les vaisseaux sanguins et ils se nichent dans les tissus musculaires. Là, ils causent peu de dégâts, mais chez les chiots ou les chiennes en gestation, les larves errent dans le foie ou même dans les poumons, où ils sont crachés puis avalés de nouveau, après quoi ils deviennent adultes dans lestomac. Ainsi la boucle est bouclée.
- Les ténias
Le ténia est surtout diffusé par la puce (l'hôte intermédiaire). Un ténia consiste en une série de segments indépendants qui sont connectés comme les wagons dun train et qui se terminent par une tête recouverte de crochets pointus saccrochant dans la paroi veineuse. Un ténia peut atteindre plus dun mètre de longueur et il est possible qu'un chien en héberge plusieurs en même temps. Les ténias ne se propagent jamais directement de chien à chien, mais par l'intermédiaire de ce qu'on appelle un hôte intermédiaire. Cela peut être une souris ou un lapin, mais en ville le maillon le plus courant est la puce. Lorsque les segments adultes sont évacués dans les excréments du chien, ils contiennent des milliers d'oeufs microscopiques. Les segments se dessèchent et éclatent, ouvrant la route aux oeufs. Ils tombent dans le pelage où ils sont absorbés par des puces ou tombent dans des fentes au sol, sur la moquette, etc. où ils peuvent finalement être absorbés par d'autres hôtes intermédiaires. Dans le corps de l'hôte intermédiaire (comme la puce), les oeufs éclosent, puis forment des larves. Quand le chien se lèche, le cycle de vie est bouclé, car une fois dans l'intestin de son nouvel hôte (le chien), la larve va se développer et devenir un nouveau ténia.
Que pouvez-vous faire vous-même ?
Les personnes aussi peuvent être infectées. Les ascaris sont présents dans les endroits où les chiens et les chats font leurs besoins, comme dans les jardins publics, les espaces verts, les jardins privés et les bacs à sable. Parce que ce sont des lieux où les enfants jouent souvent, ils courent un vrai risque dêtre contaminés. Dans la plupart des cas, il ne se passe rien. Les larves des vers se déplacent dans le corps, causent de petits foyers dinflammation qui sont éliminés naturellement par lorganisme. Pourtant, des conséquences plus graves peuvent apparaître comme des infections des poumons, du foie ou plus rarement, des yeux.
Que pouvez-vous faire pour votre chien ?
Pour réduire considérablement le risque dinfection, il est important que les propriétaires danimaux domestiques traitent leur animal adulte contre les vers au minimum 2 fois par an. Chez les chiennes allaitantes et les chiots, il est nécessaire de traiter plus souvent. Les puces transmettant des vers, il est important de vermifuger les chiens après chaque infestation de puces.
Comment remarquez-vous que votre chien a des vers ?
Dans beaucoup de cas, une contamination par les vers ne se voit pas. Seuls les ténias sont souvent clairement observables dans les défécations et autour de l'anus (forme de grains de riz ). Les ascaris et les acanthocéphales sont plus difficiles à percevoir. Les chiens ayant des vers présentent souvent les symptômes suivants : perte d'appétit, amaigrissement, indolence, pelage terne...
Quelles conséquences peuvent avoir les vers sur votre chien ?
Les vers épuisent les chiens en attaquant les organes et les tissus. De plus, une infection peut causer des problèmes intestinaux, de l'amaigrissement et de l'anémie. Quelques ascaris et ténias sont transmissibles et nuisibles à l'homme.
Comment prévenir et combattre les vers chez votre chien ?
Traiter régulièrement l'animal contre les vers est essentiel. Assurez-vous d'une bonne hygiène, nettoyez régulièrement les endroits où les chiens et les chats passent, lavez-vous les mains après avoir jardiné et/ou joué dehors et couvrez le bac à sable des enfants : ce sont des actions préventives importantes. Eliminez les vers en vermifugeant le chien après chaque infestation de puces.
Combien de fois par an dois-je traiter mon chien avec des vermifuges ?
- Animal adulte : de préférence 4 fois par an, au minimum 2 fois par an.
- Animaux allaitants : les traiter en même temps que les chiots.
- Chiots : avec une pâte vermifuge à la 2e, 3e, 4e, 5e, 6e, 8e et 10e semaine.
Avec des granulés à la 2e, 4e, 6e et 10e semaine.